19 déc. 2012

[Poékwot] The Island is a town (Myles Campbell)


Ann an dòigh 's e a th' ann am Muile,
ann am baile tha na treubhan measgte.
'S e baile th'ann le sluagh sgapte
mar a tha an saoghal a' fàs gu bhith na bhaile,
na seann luachan, treubh is cinneadh,
a seargadh ann an saoghal gnìomhachais, teicnigeach.

Chunnaic mi dà chloich nan seasamh na aonar   0  0
chaidh lianag fhàgail dhaibh anns a' choille ghiuthais,
clachan 's dòcha a thogadh nuair a bha a' ghealach naomh,
iad nan seasamhmar dà phrionnsa, no prionnsa 's a ghràdh,
nan clachan-cuimhne do shìol rìoghail.
Treubh a chaidh à bith.



Chunnaic mi clach eile  0  Dòmhnall Moireasdan, Àird Tunna,
ceithir fichead 's a còig deug, is 'inntinn geur mar sgithinn,
làn de sheanchas is bàrdachd a threubha,
colbh sgairteil de Chlann na h-Oidhche,
agus timcheall air am baile a' fàs –
baile nach tuig e – luachan do-ruigsinn dha chèile.

Tha am prionnsa na chloich anns a' choille,
agus treubh ùr air a thigtinn.
Chan eil rìgh nam measg a dhearbhas
a threòir.
Is tuath iad le cridheachan pàipeir;
pàtaranan faoine a' losgadh.

Cha dèan na mnathan gaoir tuilleadh, is an t-eilean na bhaile.

An t-Eilean na Bhaile, Maoilios Caimbeul,


In a sense Mull is a town
in a town the tribes are mingled
It's a town of dispersed people
as the world grows to be a town,
the old values, tribe and kin
withering in an industrial, technological world.

I saw two stones standing alone   0  0
a lawn was left for them in the pine wood,
stones perhaps raised when the Moon was holy
standing like two princes, or a prince and his love,
memorial stones to a seed royal.
An extinct tribe.

I saw another stone  0  Donald Morrison, Ardtun,
ninety-five years of age, mind sharp as a knife,
full of history and poetry of his tribe,
stalwart column of the children of the Night,
and round him the town was growing
a town that does not understand him > values that cannot be bridged

The prince is a stone in the wood,
and a new tribe has arrived.
There isn't a king among them to prove

his valour.
They are a peasantry of paper hearts;
empty patterns burning.

The woman will lament no more. The island is a town.

The Island is a town, Myles Campbell.

8 déc. 2012

[Poéjet] Cauchemar


Je me réveille, déjà dix-sept heures du matin. J’ai fait un pire cauchemar, le pire que la Terre ait porté, j’ai rêvé de... J’ai rêvé de...

Je me souviens de rien

Oh putain (x2, écho)
J'ai tout noté :
< Je nage et un poisson
Dans le lac vide, après la pêche miraculeuse
M’effleure, froid et glissant, la peau de la jambe

Je vois dans l’eau cristalline
Et noire pourtant
Le poisson d’or s’enfuir
Et je vois ses branchies noires
Sur son corps éclatant
Ses barbillons d’encre et ses branchies d’obscurité
Je frémis
Je viens de sentir le rêve s’enfoncer dans mon crâne et ma peau
Comme un tube ou un percolateur
Et le cauchemar commence, je me souviens

Le poisson fait demi-tour
Ses yeux sont injectés d’une lueur maligne
Je veux bouger mais les muscles sont lents
Le petit poisson fait le tour de moi et en faisant mine de
Ne rien remarquer, il s’introduit en moi
J’ai trop honte
C’est viscéral
Il est chez lui
Le nid de la luxure
Le cauchemar continue, c’est un peu flou après, je crois que
JE CROIS A JESUS-CHRIST LE FILS, VENU POUR PORTER LES

Soudain je toussote, quelque chose dans la gorge
Et je recrache et je dégorge des lambeaux du poisson
Que s’est-il passé dedans – à cet instant je décorpore, je me dédouble
Et je vois les lambeaux, les
Déchirures vivantes, peaux de la peau, se couvrir d’yeux méchants

Et les yeux se couvrent à leur tour
D’écailles et de paupières, couche après couche
Les yeux ouverts comme des plaies – des plaies qui
Respirent, des branchies de regards et de peur – des yeux germent sur les yeux, des
Yeux sur la surface de la cornée, des trous dans les
Trous, qui me regardent dans les yeux et creusent
Mon corps mou et poreux
D’entailles sévères, j’te jure

Sur les yeux des écailles – de dragon – comme des lames de rasoir sur
Lesquelles poussent des yeux de félins, de poissons, de patates, encore
J’ai vu – des tâches devenir des creux, des creux se remplir d’aveuglement
Et l’œil devenir une simple cicatrice, remplie de chair de patate
Des écailles couvrent les yeux, des yeux germent sur les écailles
Des yeux poussent dans les yeux et dans ces yeux, des écailles se reflètent

Soudain les kunaï se détachent et tombent dans les yeux par l’intérieur
Les ombres d’écailles oblongues et pointues
Crevant l’écran rétinien par l’arrière, percent et tuent
Percent les yeux puis les yeux dans les yeux
Ils ont tous la forme d’une feuille d’acacia pointue
Par milliers
Orbites crevés, ballons d’eaux qui éclatent, éclaboussent mon visage
Laissant un trou béant d’où coule un tout petit filet de sang
Et le rêve continue

Car le trou s’agrandit, s’agrandit, s’agrandit
Devient géant, il vrombit et respire, le trou géant
L’estomac de baleine dans lequel je venais
Prier, une fois, deux fois
Dans l’estomac de la Baleine qui inspire, expire
Inspire, EX-PRIE, inspiré, EXPIRÉ !

Il se remet lentement de la panique et la douleur
Soulève sa masse de vide et s’étire à en pleurer de mal aigu
Je peux sentir l’air saturé du silence de douleur, de la silice de brûlure
J’en pleure (x3)

Mes draps sont trempés de sueur, et les médecins s’inquiètent
Le programme leur échappe
Je me dédouble, je vois mon corps étendu, et eux autour
Mais simultanément je vois aussi
Le rêve qui continue

Le trou Béant est devenu un abîme-Roi
Un abîme-Roi qui n’a fait qu’une bouchée de la Reine
Je vomis de vertige, et sur le lit, attaché, je me vois
Mimer comiquement du rêve le vomissement
La Bouche immense respire et elle couvre toute la Terre, Tout l’espace
La Terre est une bouche inversée, un trou, vous voyez ?
C’était pas un trou noir, qui sont vraiment des boules de boules chair denses à mourir
Non, c’était comme un gant retourné sur lui-même
Un gant de chair et de douleur, qui prenait toute la place
Et je suais, et je suais, et j’en pouvais plus
Mais le rêve continuait
Et le rêve continue

Des cornes commencent à pousser dans la Bouche, des cornes immenses qui sont des dents, et des dents sur les dents, des écailles sur les dents et soudain l’ŒIL IMMENSE DONT LA BOUCHE S’EST DENTÉE S’EST OUVERT

La vision me frappa de terreur et mon corps se raidit – et je fus comme mort à mes yeux (x2)

Des êtres vinrent autour de moi, j’entrevoyais leurs silhouettes
Et par ce qui semblait de nombreuses ailes couvertes d’yeux
Ils me portèrent au sein du Très-Haut, dans l’Antichambre du Ciel sans numéro
Où les Archanges revêtent l’habit et cessent d’être nus
Où ils bandent leurs yeux de tête et sont vus en devenir
Replient deux des paires d’ailes supérieures et laissent leurs plaies ouvertes
(Stigmates ou insignes militaires de combats immémoriaux)
Je fus porté comme mort entre les chants des vivants et des morts
Et les grincements de dents des gris-dehors-"Je-ne-vous-ai-pas-connus"
Sauvés-comme-au-travers-du-feu
qui ont perdu la récompense
Mais "vivent" éternellement

Je suis porté devant des trônes et des livres ne sont pas ouverts – mais un petit carnet. Il m’est dit :

« Tu as vu le SERPENT qui se fait appeler ‘éternel’, il est pourtant né

Tu l’as vu, le menteur, créé lors du sommeil de Dieu, de son repos le septième jour
Pour l’intérim, limité, divin et partagé –, angélique

Créé par le silence de Dieu, aussi puissant que sa parole, Dragon-dague
On l’appelle Marduk-Bhaal ou Moloch-Astarté, Hermès-fff ou Mythraaaarhysssstryyysssrrrtx#74*9

Mère protectrice des Déva, maître et père de toute androlâtrie, trompeur !
Tu as vu celui-ci dans sa défaite : rongé par lui-même, principe de destruction

Il se détruit lui-même,  très logiquement, ainsi le mal qui ronge le Mal
Il ne veut plus se mentir à lui-même et ça le tue, il ne veut plus tuer ses sbires
Mais il ne peut faire autrement : sa cohérence paradoxale, c’est le meurtre
De soi et puis l’automutilation, et la puissance qu’il gagne se déloge aussitôt

S'oppose à l'unité, à l'éternel, à l'édifice, Ahriman bouffant Shiva, imite et tord

Recopiant à l'envers l'univers et le divin, reproduit pour un temps, égare et abuse
Tu as croisé l’impossible – il s’agit du reflet de la Lumière, l’Ange damné par excès-lance
Lumineux, Lucifer, le porteur des louanges court-circuitant le canal-flux

Mais au jour du jugement il ne goûtera pas du Léviathan ni même de

Béhémoth, corps préparés-cachés pour le repas des Saints, manne, pain
Poissons et sang-vin (les paniers de restes de ce festin
Seront les victuailles pour l’éternité) – Tu as vu l’Aveuglement qui
Procède, immonde Protée, de la procréation de la lumière et de la nuit

Une fois coupée de l’origine, de la source divine, naissent des horreurs
La source de Vie ; et la Bouche qui en sort est le désir inassouvi né des
Yeux aveugles. Tu connais, tu as vu, alors va, et publie ! »

Puis l’on me toucha sur le front et la vie coula dans mes veines à nouveau >
Je me réveille, déjà dix-sept-heures du matin
J’ai fait un pire cauchemar, putain
Je me souviens de rien

J’ai tout noté (x3)
2012

20 nov. 2012

[Poékogikwot] Images de l'identité


"Identity is gradual, cumulative; because there is no need for it to manifest itself, it shows itself intermittently, the way a star hints at the pulse of its being by means of its flickering light. But at what moment in this oscillation is our true self manifested? In the darkness or the twinkle?"
Sergio Chejfec, The Planets (2012)

Deux tendances contraires animent les images de l'identité. Pour la première, je suis semblable à un atome, une étoile radieuse ou une planète ronde (même un trou noir, plus ambigu, moins "Lumières" et Individu), une pierre précieuse et un vaisseau en voyage, une tour, une flèche, une bogue... C'est l'accent de l'individuel, de la distance séparant les noyaux, des sujets et consciences privés, de l'essence volontaire du sujet-propriétaire...

Là, je suis ici, tu apparais lentement
Symboles : X, ʘ
Style : singulier, métaphores, comparaisons...


Pour l'autre, nous sommes les mailles d'un filet, une collection à peine particulière d'instants ou de couleurs, les liens eux-mêmes autour d'interstices creux, un reflet de reflets, tissé de saisons extérieures, les moments d'un fleuve, les voix d'une harmonie universelle ou un chemin du Labyrinthe, une œuvre ou un cadeau à d'autres... Je n'est que l'autre, un pli du drap de la vie, l'immédiate expressivité, l'éducation et la culture reçues, les actes et les histoires tissées...

Ici, tu es là, je disparais rapidement
Symboles : ##, Ϩ 
Style : pluriel, symétries, hypallages...
 
"We are the time. We are the famous
metaphor from Heraclitus the Obscure.

We are the water, not the hard diamond,
the one that is lost, not the one that stands still.

We are the river and we are that greek
that looks himself into the river. His reflection
changes into the waters of the changing mirror,
into the crystal that changes like the fire.

We are the vain predetermined river,
in his travel to his sea.

The shadows have surrounded him.
Everything said goodbye to us, everything goes away.

Memory does not stamp his own coin.

However, there is something that stays
however, there is something that bemoans"
Jorge Luis Borges, We are the time

Deux tendances contraires animent les métaphores de l'identité, et entre elles, de nombreux échanges, de nombreuses percées, de nombreuses hybridations trouvent leur place.


Nébuleuse du Lagon


La constellation est une tentative du côté de l'atome de rendre le complexe (les astres individuels naissent bien dans des nuages de gaz), tout comme le flocon unique perd bientôt toute valeur atomique s'il est éphémère et se fond dans une pluie commune, le fruit admet l'arbre, devient aliment, se fond en terre - l'atome est aussi onde, il devient étincelle, métamorphose, les îles se connectent sous la mer, le satellite s'écrase sur son astre et l'univers éclaté se retrouve, se parle enfin en toute confiance

Pour l'autre tendance, le solo musical ou l'épée font émerger des caractères uniques du flot réel qui nous tisse, des espaces de jeu personnel se révèlent, appellent à expliquer, ancrer-dérouler, écrire, pallier aux vides, sauver l'en-commun qui se délite ou tombe en ruines, le château de cartes éternel, le souvenir spécial, méditation dans le désert, les destinées se scindent et adressent à Dieu-autre leur cri le plus sain...

"No man is an Island"                               John Donne



Il y a d'autres moyens de distinguer entre les poésies du sujet et de l'identité : vers l'intérieur/vers l'extérieur, temporel ou éternel, essence/condition/situation, transcendantal/personnel, idéel/empirique/matériel, optimiste/pessimiste, force/faiblesse (prédateur/proie)...

Dans tous les cas, le principe d'identité lui-même reste un secret, anti-cerné par la poésie quand la philosophie échoue, car personne encore n'a eu là-dessus le dernier mot : conscience vécue, corps matériel, âme inconnue, voix reconnue, histoire écrite, postérité (lineage or legacy), place sociale, schème linguistique, auto-création, volonté ou voile d'ombre, d'ignorance ?

Non, nous ne sommes pas des atomes, des entités absolument fermées - non, nous sommes ouverts à tous les vents, les regards, et la fermeture de l'ego est mortelle

L'identité est un sauvetage perpétuel, un ensemble de mots et de chocs électriques qui tente de s'organiser, une ancienne confrontation, le récit d'un feu et le feu d'un récit, un réveil percé d'oubli, un sommeil de rêves dans lequel les visages et les mains ont une place particulière


AIMER # EXPLORER # CONNAÎTRE
2012

4 nov. 2012

[Kogi] Petites extinctions


La nuit est mon extinction journalière préférée. La nuit revient chaque jour, ça tombe bien, et je la vis sur son mode à lui, au jour, transfiguré pourtant : le souvenir ensommeillé du rêve. Lights off, imagination débridée, vrais souterrains du réel, vie sous-marine des nerfs et des couches de neurones.

Le sommeil, l'attente, l'oubli, le souvenir, ou l'à-venir imaginé qui ne se réalise jamais... ainsi nos flux de conscience sont traversés de petites morts, tissés de petites disparitions, de petites extinctions – d'attention, de désir, de présence, de compréhensions. L'absence à soi, l'absence des autres, maladives ou stimulantes, me paraissent être des nécessités. Peut-être est-ce possible de faire sans – et peut-être même serait-ce préférable. Ce serait – en tous les cas – bien différent.

La distance comme condition du mouvement, du désir – l'âpreté, condition de sentir – et l'appel, de réponse, tout ça – j'imagine. L'extinction totale est transparente, unie, éthérée. Les petites extinctions quant à elles, moments d'absence et délitement, sont des espaces vitaux.

 2012

27 oct. 2012

[Poé] Below (my work to come)


Five – four – three –          two                   one

Let things settle down, let them pervade the shallow self – yours, mine – holes appear, another veil of normality

On the surface, right on the eyes, babbling layers of everyday

Made of old fear fabric and old future, antiquated expectations and knee-jerk reactions

Apparently much of the same – a veil of use day after day, strangely familiar (it shouldn’t be)

Let the pen down

Meanwhile, below
Below



*
*
*


Icy waters boiling, currents drowning past home and century – drought, flood, acceleration of time – strengthening old bonds, effortlessly, in books read and secretly written – books without hands – below, under the skin of consciousness, many crawling voices through multiple bodies, calm

Here are the haunting tracks of

Loads of people, hugging drive and need and thirst, yet not empty – flesh souvenirs, lived atmospheres to the surface, friends gone but real, helping you to take over from a Prince (whatever the success!?) – you, inherited love, so many faces and so much care

Above, below, inside, pouring from in/ex (?) – nevermind – from restricted areas, and what is that now, new electronical eyes? No more, not yet

Let the pen down

Let things come alive, again, don’t write at all, not yet – except for the needs of everyday, the technical, supposedly – let the pen down for a month or so, and no music either, no computer – just ive less, less – and let the abyss synthesize

Let other doors be opened wide – new life starting, a new country, a new boyfriend, new caravan, musculature – and lo! change does not wait for you, it embraces who you are, upstairs

Shave your head or let hair grow, share your flat or pluck the door

But the last thing you want to act upon is flow, rhythm – let it come, this way it will, it will come soon

In your own face – face  ||  un fracas monstrueux
How the words are now coming anew and fresh, some banished forever, some are given a fresh new start, punch lines, forefront – for no reason got they a second chance, for no reason – under the rain, happiness, alone but not really, pain, feels good, laughing so hard my voice is gone

*
*
*

Oh, here it is

Back and kicking – but changed – my voice has changed

Electrified and young, laid on the stairs of its irregular – new sound, slightly modulated, one hidden surgery – she speaks another tongue – and then

The Rapture may not be tomorrow

Just slide on how I am, now – not knowing about spinning neutron stars

Scarred and lymphatic – colored in thousand changing rays – the secret node of communion, the raw material, principle of my faith, essence of the Evergreen, from its red kernel cones that spring

Laid here by the Name and Messenger of godlike destinies (2 = 1), forger of worlds unseen, whistle of Time, player of maelstroms – laid here with 27 seven cables of steel interwoven in one solid new song

For you I’m in a Kataphatic mood, phase 1 – I see! – phase 2 – a singing tongue

Of light
                                I am,                   you          are                                       love

                                               they too                  and I and                     

she                         just kisses me, softly

Through joy, joined hands, forcing the net

Large swaths of childhood mine infusing adult life – a writhing soup – a large cauldron – of partial truth, uncertain value, time needed and time spent, time lost but never truly lost

I sense now – already – the slow anaesthesia of my imagination

And I suspect – take a bowl, take a gulp, fuses, changes – suspect the form

Of all the work to come

My work to come the fight, oh God, the FIGHT

Puff puff, okay, okay, let’s do it then

Okay, it’ll be fine

Your work to come – our work to come – and oh, below

Your voice has changed

3 oct. 2012

[Poé] Empyrée noire



La nuit du ciel, corps déshabillé de jour

Ô porte sphérique, ocellé bandeau
Sur lequel apparaissent les
Grains de beauté universels

Cicatrices ténues et sans nom
Que laissent – cautérisures – la chaîne et
Les sels de l’amour

Belle Sciure de lumière ! Caresse
Le visage d’un Sarmathe ou Viking
Tendu vers tes reflets pulvérivores

De la rétine éphéméride baiser
Porté d’on ne sait où, quotidiennement
Au flanc de la planète

Déesse à l’épaule braceletée
Au front tacheté dont la peau luit
D’être infinie, avide et mûre

Couverte uniquement des piercings
Multicolores – des piercings de minuit
Et elle nous jette

Déshabillée de jour, jette son corps en pâture


1 oct. 2012

[Poélovée] Reddition (extrait)


Je te donne en caresse les dix lettres uniques
De mon alphabet digital

À la tienne, j'offre ma plaine caudale
Où se dresse mon échine
Comme une chaîne volcanique

Sur elle assure ton emprise et d'autres places fortes
Sont là – portes entrouvertes

Sous forme de main, je parcours une forêt de
Lianes fines

Mon désir dévisage le tien
Incarnés tous deux en gerçures... enfin

[...]
sept 2012

28 sept. 2012

[Poé] Faux retour (vision fausse)


Je vois un fœtus dans le ciel
Soutenu par des fils constellaires
Des templiers glabres vêtus
De sable ; l’enfant inversiel
Chantant aux tours de rouge

Terre – l’unité insoumise nue
Capitalise, avale, bois, éponge
Puis dégorge tout : la guerre

Toujours elle qui enfante les
Écrans rongés, transformés en
Civières et l’enfant du Soleil
Grandissant, recommence le
Manège de l’histoire capitale

Entraînant un déluge de
Prodiges high-tech et implants
Cellulaires en leur nuée virale
S’autogère et vrombit un instant
Un second carnaval de sommeil

Printemps étrange, moniteurs
Fleurissent et détaillent en chœur
L’avenir mortel, détaillent

La brutale fin de toute guerre
  2012


L'apocalypse ne prévient pas
C'est un enfant qui naît
Dans la furie du temps présent

L'histoire n'en a pas fini de s'écrire
Le monstre atteint maturité, encore
Quelque temps pour éclore

Les ères sont un seul tourbillon
Leurs cycles cachent l'ascension
Unique, mondiale, du pion
Ultime.
† 

25 sept. 2012

[Poé] My book will


My book will fire words – a hundred rounds per second, for you know: vocabulary’s just like ammo for me – the intro be the lens, surgical dissection of the issue, the table be the trigger, smooth and tickling – one part, one shot, poetic, lethal – the conclusion the attached grenade-launcher

Mon livre tire des balles – mille coups/seconde, car les mots sont pour moi des munitions – l’intro comme lunette de visée, un diagnostic de précision, le sommaire la gâchette – Partie I, semonce, Partie II, salve joyeuse, Partie III : feu nourri – et la conclusion sera ce lance-grenade attaché au canon des fusils d’assaut

My book will fire words, spiritual warfare!
It is to come, expect 
Mon livre crache des mots, guérilla littéraire !
C'est en chemin, préparez-vous