Mon empire est un sol qui cède et s'éparpille en pétales sous tes pieds
Chatouille plantaire et tu passes au travers
Je te donne tout ce que je possède : l'appui momentané d'un vide multicolore
'Mon empire', 7 déc 2017
Mon empire est un sol qui cède et s'éparpille en pétales sous tes pieds
Chatouille plantaire et tu passes au travers
Je te donne tout ce que je possède : l'appui momentané d'un vide multicolore
'Mon empire', 7 déc 2017
Down with the current, Jay
Blades down, love high and ice-
Cream up to my elbows
3 juillet 2017
picture: Françoise Huguier
– Avis d’averse énigmatique sur parcelle de maïs – drones ? débris ? météorite ?
– Non – vaisseau spatial crash imminent – phallus volant coït fatal
– Nuage d’épices – premier contact – une créature humanoïde s’extrait du cargo éventré
– Qui analyse la surface – astre païen : aucune balise, des plantes jaunes, dix grandes hélices
– Hulotte céleste – un cyborg échoué – sans halo sans féal, cette prêtresse
– Tient de la panthère-droïde – étrange vizir, caïman-koala – férale, hybride – lâche
– Un son aigu – Hélios fond – puis disparaît soudain dans l’maïs calciné
http://oulipo.net/fr/contraintes/belle-absente / avec les accents pris en compte
Belle absente / belle absente, août 2016
Roches plates enfoncées dans la Terre.
Tout couple arraché à la guerre des clans
Trouvera son refuge dans le vêtement lunaire
Des pins
Dune indigo pâle – comme le pli d’une épaule.
Tout couple harassé entrevoit une tendresse
Infinie
Dans le pas de côté : laisse courir la monture
Et le monde, pour
Te fondre avec moi en tatouage de pierre
Enluminure de glyphes et de lierre – couple tenté
Par l’heure
De silence – une profonde éclaircie de sommeil
Alors
Adossent leur tronc l'un à l'autre, apposent
Le bonheur – "shhh..." –
Comme un doigt contre la hampe
De la lance
Commune
Abritant leur beauté à même le sol – leur or fragile, roux
Entre une cape de mille ans et l'épais tapis d’épines
Dans
La douceur sublime
Du
Crépuscule protecteur à cette heure
Un murmure se répand
Dans les veines : « Abandonne… la bataille… »
Lovés dans la baie d'une jeunesse morte
Les frôle un sommeil éternel
Qui passe pour de l’amour
La chienne soudain lui mordille l’oreille
La corneille se tient coi, vigilante mais inquiète
Le
Don des mots
Renouvelé
Ils se lèvent vite et s’adressent un regard singulier
Tel une
Bannière neuve et solide
Sans prononcer la question à laquelle ils répondent
Je me réveille avec un câble autour des reins, des plis de couette sur le thorax et avant-bras... Un drôle d'éther m'imbibe le crâne, un résidu de rêve jaloux
A la limite, prenant ma douche, me dis-je, en regardant le petit tourbillon avaler l'eau - la mousse épaisse - trouver de qui je tiens ce rêve, de quelle boîte noire ? Suis sur le point de me rappeler... de la rappeler
Je m'efforce de revoir son visage pour l'identifier, mais ses traits se dérobent, comme il arrive parfois au souvenir d'un être aimé : il s'échappe, le visage, se distend, c'est à peine avouable
Une seule issue, les réseaux clandestins, illégaux raccourcis pour pêcher le souvenir : sauvegardes et photos, particules de parfum emprisonnées dans un tissu... Chaque parfum agit comme un shoot pur de substance-mémoire, un portail de souvenir sans parvis, sous-marin. Bingo, j'te tiens : vapeur d'alcool de blé, labdanum, tabac profond, précis... J'ai sa taille, c'est ça, cheveux bruns, yeux gris, ses mains, tâches de rousseur furtives, mine rusée, fringues usées... J'ai tous ces éléments dans l'effet white-spirit qu'ils me font encore, in-tact - ses mains ! mais de qui ? - j'ai l'effet, les données, mais pas tout, manque la vie, le mouvement, je n'ai rien : il manque elle, son expression singulière, le charme de sa présence, l'énergie de sa voix
Mon rayon de mémoire a beau fixer l'image, elle se barre dans le flou, l'essentiel se dissout ; ses cheveux ultra-courts, violents, arrachent mon regard à la quête du sien, ça n'aide pas
Tu es celle qui habite la surface de mes rêves - concentre-toi, retrouve-la, où ? quand ? Rappelle, exhume, déballe, Rome-Termini, sortant du train ? Ou Flughafen Berlin-Tegel mille ans plus tard ?... Buenos Aires 2015 ? Dans son studio, danses et danses, aquarium crade et poisson-chat, je vois du matos d'impression, des matelas renversés
Mais ton visage rayonne d'absence - cette fille, ses voies d'éclair, ses rayons vrais, mon multiplicateur d'écriture - tes petites tornades - ses potes, rarement, pacte à deux immédiat... donc faux - je revis ton corps de rire, dans notre ville (où ??) ! - et l'amitié lisible à tous, dans toute la rue... France ?...
Un tout petit vortex me fond tes traits, un tout petit vortex se fout de moi, à moins que toi, toi, tes rayons d'ombre m'éblouissent la mémoire ?
Qui es-tu ?? Qui es-tu, **tain QUI. ES. TU.
A ces mots une voix d'outre-monde me perçai le tympan : "Toi ici ?! Que me veux-tu ...?"
quoi ?
"Tu es venu ici pour m'insulter ?
Pour saler ma misère de ton pardon ?..."
je me retourne
"Tu oses en rire au-delà d'une vie entière, et de la tienne aussi ?! Tu ramènerais jusqu'ici tes sales désirs - soit l'ennui à nouveau croise les barres de ton lit ?!"
choqué, je ne peux rien articuler
"Tu ne dis rien... mon amour ? Peut-être est-ce encore pire que prévu, peut-être
Qu'un oubli tranquille couvre vraiment la carcasse de mon être... et mon nom ? Mon pauvre, décide-toi une fois pour toutes."
sans que je sache comment, pourquoi, mon cœur se tord sous les coups d'une vérité insupportable
je me sens vieille éponge sale ou tacticien stérile... j'élabore vite fait : "D'accord, tu te souviens... Moi pas. Tu m'es encore supérieure, c'est-à-dire vulnérable... en bien"
"Non. Tais-toi, s'il te plaît."
Un tout petit vortex te protégeait de moi
Je te donne en caresse les dix lettres uniques
De mon alphabet digital
À la tienne, j'offre ma plaine caudale
Où se dresse mon échine
Comme une chaîne volcanique
Sur elle assure ton emprise et d'autres places fortes
Sont là – portes entrouvertes
Sous forme de main, je parcours une forêt de
Lianes fines
Mon désir dévisage le tien
Incarnés tous deux en gerçures... enfin
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« Ni la intimidad de tu frente clara como una fiesta
ni la costumbre de tu cuerpo, aún misterioso y tácito y de niña,
ni la sucesión de tu vida asumiendo palabras o silencios
serán favor tan misterioso
como mirar tu sueño implicado
en la vigilia de mis brazos.
Virgen milagrosamente otra vez por la virtud absolutoria del sueño,
quieta y resplandeciente como una dicha que la memoria elige,
me darás esa orilla de tu vida que tú misma no tienes.
Arrojado a quietud,
divisaré esa playa última de tu ser
y te veré por vez primera, quizá
como Dios ha de verte,
desbaratada la ficción del Tiempo,
sin el amor, sin mí »
« Ni l’intimité de ton front clair comme une fêteni la privauté de ton corps, encore mystérieux et muet, encore d’enfant,
ni tes paroles ou tes silences, étapes au chemin de ta vie,
ne me seront aussi mystérieuse faveur
que de regarder ton sommeil impliqué
dans la veille de mes bras.
Miraculeusement vierge à nouveau par la vertu absolutoire du sommeil,
paisible et resplendissante comme un bonheur que choisit la mémoire,
tu me donneras cette frange de ta vie que tu n’atteins pas toi-même.
Précipité en quiétude
j’apercevrai cette dernière plage de ton être
et je te verrai peut-être pour la première fois
comme Dieu doit te voir,
une fois la fiction du temps mise en déroute,
sans l’amour, sans moi »
" Neither the intimacy of your brow fair as a feast day,
nor the favor of your body, still mysterious, reserved, and childlike,
nor what comes to me of your life, settling in words or silence,
will be so mysterious a gift
as the sight of your sleep, enfolded
in the vigil of my arms.
Virgin again, miraculously, by the absolving power of sleep,
quiet and luminous like some happy thing recovered by memory,
you will give me that shore of your life that you yourself do not own.
Cast up into silence
I shall discern that ultimate beach of your being
and see you for the first time, perhaps,
as God must see you —
the fiction of Time destroyed,
free from love, from me "
Nestor Ibarra pour la traduction françaiseRobert Fitzgerald for the English translation
Jorge Luis Borges, Amorosa anticipación
in Luna de Frente, 1925